IMPACTS sur la FLORE & la FAUNE

La production à partir de l’énergie éolienne a des impacts certains sur les milieux naturels : déboisement, activités humaines ... et sur la faune : oiseaux, chauves-souris, gibier ...

Bois de Montbut

L'étude d’impact environnemental est primordiale. Il faut  évaluer la perte et la fragmentation d'habitat pour la faune et la flore. Cette étude doit se faire au cas par cas en analysant les espèces locales. 

Ainsi, il s’avère nécessaire d’évaluer les impacts d’un déboisement, et ce, même si cette superficie est minime ainsi que ceux des activités humaines engendrées par les éoliennes.

Il faut tenir compte du fait que, par effet de ventilation, les éoliennes implantées, même en plein champ, assèchent totalement, sur de vastes zones, cultures, prairies ... 

Milan Noir
Écureuil roux
Chevreuils
Buse Variable
EFFETS SUR LES OISEAUX

Les oiseaux sont particulièrement impactés par l'implantation de parcs éoliens. Les principales conséquences des éoliennes sur la faune aviaire sont de quatre types :
  • La mortalité causée par les collisions d’individus avec les éoliennes,
  • La perte d’habitat liée au déboisement nécessaire à la construction des éoliennes, de leurs chemins d’accès ainsi qu’aux lignes de transport de l’électricité,
  • Le dérangement associé aux activités humaines durant la phase de construction des parcs,
  • Le dérangement associé à la présence des éoliennes (mouvement des pales, bruit, vibration).
Migration des Grues
Le risque de collision est ainsi plus important dans les zones fréquemment utilisées par les oiseaux que ce soit comme zone de repos, d'alimentation mais aussi comme couloirs migratoires. D'autres facteurs sont susceptibles d'augmenter le risque comme la taille de l'oiseau et son agilité en vol (un oiseau de grande taille est ainsi plus exposé au risque de collusion avec des structures qu'un oiseau de petite taille), la période d'activité (une espèce volant à l'aube ou au crépuscule, voire de nuit, à potentiellement moins de chance de détecter les installations qu'une espèce diurne). Au sein d'une même espèce, le risque peut également varier en fonction de l'âge, du comportement de l'oiseau ou de cycle de reproduction. 

Dans  ce contexte, la migration des 200 000 grues cendrées qui traversent le ciel du Limousin que ce soit en allant vers le Nord ou au retour vers le Sud, sera fortement perturbée. Il est intéressant de constater que l'étude prétend n'avoir comptabilisé que 5 grues alors qu'à la même période, nous en avons photographiées des centaines passant au dessus des bois de Montbut et entendues tout autant la nuit. 
Les hautes structures dépouillées, arbres morts ou éoliennes, attirent les rapaces (buses, faucons crécerelles, Milans noirs ...) en tant que perchoirs mortels d’où ils ont une vue dégagée à 360º afin de surveiller leur aire de chasse.
Concernant les espèces d'oiseaux endémiques, les travaux de mise en place des éoliennes ainsi que la déforestation d'une partie de leur habitat menacent leurs espaces nécessaires à la reproduction, l'élevage des jeunes, l’hivernage ...  

EFFETS SUR LES CHAUVES-SOURIS


Les chauves-souris sont d’une grande utilité pour l’homme et pour l'agriculture, notamment parce qu’elles se nourrissent d’insectes (jusqu'a 1200 moustiques et autres insectes nuisibles par heure) réduisant du même coup l’usage de pesticides. Une étude du magazine Science chiffrait à 3,7 milliards de dollars les pertes en revenus agricoles qui surviendraient suite à une éventuelle disparition de ces amis ailés en Amérique du Nord. 

Malheureusement, il est démontré que les éoliennes sont une cause importante de mortalité pour différentes espèces de chauves-souris en dépit du fait qu'elles jouissent d'une protection totale au sein de l'Union Européenne.  


Les chiroptères peuvent être victime d’un impact direct sur les pales des éoliennes, ou encore de barotraumatisme (des variations de pression atmosphérique causées par le passage des pales au niveau du mat des éoliennes et qui provoquent des hémorragies internes) d'autant qu'elles sont attirées par les insectes qui tournoient autour des lumières des éoliennes. 
A la différence des oiseaux, les chauves-souris trouvées mortes sous les pylônes présentent rarement des traces de choc avec les pales. 90% des chauves-souris sont en fait victimes de la chute de pression à proximité des turbines, tuées par hémorragie interne (barotraumatisme) (Robert Barclay, Université de Calgary, Current Biology 26 août 2008). Les fragiles capillaires de leurs poumons éclatent lors de la dépression brutale. Le sonar des chiroptères fonctionne par écholocation et détecte pourtant très bien les obstacles, mais il reste aveugle aux chutes de pression.

L'analyse des mortalités permet de constater que les espèces les plus touchées sont celles qui chassent en vol dans un espace dégagé, ou qui entreprennent à un moment donné de grands déplacements (migrations).

C'est d'autant plus dramatique que les chauves-souris ont un taux de reproduction très faible (un seul petit par an avec une mortalité importante).

Blaireau

EFFETS SUR LE GIBIER


l'Union Européenne préconise des "zones tampon" autour des Eoliennes. En Allemagne, une distance de 600 mètres de rayon autour d'une éolienne est interdite à la chasse, mais parfois, une limitation plus sévère est imposée, de l'ordre d'un kilomètre.

En France, les situations sont diverses, les interdictions imposent parfois une zone tampon de 500 mètres autour d'une éolienne ou plus : à Fourcigny, dans la Somme, la zone tampon est de 1,2 kilomètre de rayon. On peut également assister à une interdiction de chasser certains gibiers, c'est une mesure compensatoire qui vise à protéger des espèces particulièrement victimes des éoliennes. Cela a été le cas à Bouin, en Vendée, près du littoral.

Il faut ajouter des limitations possibles du nombre de jours de chasse, toujours pour compenser le massacre des oiseaux qui se font hacher par les pales.

La présence d’obstacles éoliens peut également fragmenter un habitat (séparation d’une zone de reproduction de la zone principale d’alimentation).


(Extrait du Journal of Wildlife Diseases May 17, 2016)
  • Un manque réel de données existe quand à l'évaluation des effets du bruit des éoliennes sur la faune et la flore terrestre, ceci malgré la préoccupation croissante de l'impact des infrasons des parcs éoliens sur le bien-être et la santé humaine. Les blaireaux sont des mammifères dont l'étude s'avère pertinente pour évaluer les changements physiologiques du au développement de parcs éoliens. Ils résident, en effet, souvent dans des habitats près desquels les turbines sont construites. Les blaireaux perçoivent également une gamme d'audition semblable aux humains. En 2013, nous avons évalué si la présence de turbines en Grande-Bretagne a eu un impact sur les niveaux de stress des blaireaux (Meles meles) dans les terriers voisins. Les niveaux de cortisol des poils ont été utilisés pour déterminer si les blaireaux ont été physiologiquement affectés. Le cortisol est une des hormones sécrétées par la glande corticosurrénale intervenant dans la gestion du stress par l'organisme (ex : réaction et adaptation de l'organisme face à un danger). Elle permet de maintenir le taux de glucose dans le sang pour nourrir les muscles, le cœur, le cerveau, dans une situation de stress prolongé. Les poils des blaireaux vivant à 1 km d'un parc éolien indiquaient un niveau de cortisol plus élevé de 264% que ceux des blaireaux vivant à plus de 10 km d'un parc éolien. Ceci démontre que les blaireaux sont affectés et souffrent d'une sur-activite surrénale pituitaire hypothalamo. Aucune évolution n'a été constatée dans les niveaux de cortisol des blaireaux vivant près des parcs éoliens opérationnels entre 2009 et 2012. Cela indique que les animaux ne s'habituent pas à la perturbation due aux turbines.
  • Notre hypothèse est la suivante : le haut niveau de cortisol dans les poils des blaireaux concernés est causé par le son des turbines ; De plus ces hauts niveaux peuvent affecter les systèmes immunitaires des animaux et à long terme pourraient aboutir a un risque accru d'infection et de maladie dans la population des blaireaux.
Les couloirs de migrations des grues cendrées et des pigeons ramiers sont identiques sans compter que des chemins municipaux sont en partie "privatisés" au bénéfice de sociétés privées. Les chasseurs auront donc moins de gibier et moins d'espaces à leur disposition. 

L'étude sur les porcs domestiques qui suit devrait valoir pour leurs cousins : Les sangliers. 

 EFFETS SUR LES ANIMAUX DOMESTIQUES


« Si cela peut arriver aux animaux, 

alors cela peut aussi arriver aux humains. »

Les porcs sont stressés par les éoliennes

Une étude polonaise, validée par la communauté scientifique en juillet 2015 ("The Effect of Varying Distances from the Wind Turbine on Meat Quality of Growing-Finishing Pigs", Karwowska.M. & al,) vient d’établir la corrélation entre la qualité de la viande de porcs et la distance qui les séparait d’éoliennes lors de leur engraissement.

Ces porcs, répartis en 3 groupes, avaient été élevés respectivement aux distances de : 

  •     50m (Groupe 1)
  •   500m (Groupe 2) 
  • 1000m (Groupe 3) d’éoliennes de 2MW. 

A l’issue de l’expérience, préalablement approuvée par un comité d’éthique sur l’expérimentation animale, une première constatation s’est imposée : celle d’une moindre prise de poids liée à la proximité des éoliennes.

A partir d’un poids initial de 30 kg, les animaux sont parvenus respectivement à :

  • 80 kg pour le groupe 1, 
  • 82.5 kg pour le groupe 2 
  • 90 kg pour le groupe 3. 

Mais des différences significatives ont également été trouvées sur la composition de leur viande, après abattage, mettant en évidence un lien entre la distance aux éoliennes et le PH (acidité des tissus liée au stress) des muscles du cou, ou l’importance de la glycolyse post mortem.

Cette étude conclut sans ambiguïté à une influence néfaste significative du bruit des éoliennes sur la qualité de la viande.


Il faut savoir en outre : 

  • qu'en France, un éleveur de vaches laitières (pourtant pro-éolien) a constaté une baisse de rendement de son élevage. Réalisé à la demande de l’éleveur par Christiane Nansot, ingénieur en agriculture et expert agricole et foncier près la cour d’appel d’Amiens, un document établit pour la première fois le lien de causalité entre la présence des éoliennes et la dégradation de l’état de santé d'un cheptel bovin. 
  • En Australiedes éleveurs de moutons ont constaté de graves problèmes sur l'agnelage. Alors que le taux de reproduction était proche de 85%, ils l'ont vu tombé à 37% d'agneaux viables. (En partie traduit ici)  
  • Au Danemark, on a constaté 1 600 fausses couches dans un élevage de visons proche d’éoliennes, 
  • Au Portugal, les chevaux souffrent du voisinage des éoliennes, selon la thèse de maîtrise d'un universitaire portugais à l'université vétérinaire de Lisbonne, 
  • En Belgique, le professeur J.Mikolajczak a mis en évidence l'augmentation du taux de cortisol, marqueur de stress, sur des oies élevées à 500m d'éoliennes.

  • Au Canada, à Plympton Wyoming, un arrêté prévoit des amendes de 500 à 10 000$ canadiens par jour pour les nuisances dues aux infrasons des éoliennes ; plus de 80 municipalités de l’Ontario ont réclamé un moratoire (lire en anglais le texte de l'arrêté).